Homosexualit

Essay by fedryckeUniversity, Bachelor'sB+, November 2007

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IntroductionEn 1969, Pierre Elliott Trudeau ouvrait la porte au changement en décriminalisant l’homosexualité avec le « Bill Omnibus » et affirmant que l’État n’avait pas d’affaire dans la chambre à coucher des citoyens.

Du côté de la religion, on peut se souvenir que, en 1994, notre défunt pape Jean-Paul II a affirmé que l’homosexualité était moralement inacceptable et que la discrimination à ce sujet était pleinement justifiée .

Alors qu’avec les élections provinciales, les propos se tournent davantage sur l’orientation sexuelle de Boisclair plutôt que sur des enjeux politiques et qu’un nouveau rapport nous montre qu’il y a encore bien du chemin à faire pour arriver à bout de la discrimination envers les homosexuels. Ne pourrions pas dire que les Québécois plus homophobes et moins ouverts d’esprit que l’on pensait?Par ailleurs, le sociologue, Michel Dorais, constate que les jeunes personnes d’orientation homosexuelle se suicident bien davantage que la moyenne des Québécois du même âge, déjà élevé soit dit en passant.

La concordance de la sortie du rapport sur la santé de l’homosexualité au Québec avec les élections qui présentent un chef de parti ouvertement homosexuel est une occasion rêver pour voir où en sont rendus les Québécois sur la question.

Pour ce qui est des médias, il est intéressant de voir comment ils auront traité la question du chef du Parti Québécois. Se donneront-ils la peine de rester à l’essentiel, c’est-à -dire la politique ou s’acharneront-ils sur la publication de sa vie privée? En fait, la publication de la vie privée est un concept où y a un début de confusion entre la sphère publique et la sphère privée. Dans la publication de sa vie, on amène une partie de la vie privée et on l’introduit dans ce qui est public. Ici, le public serait les affaires d’État.

ProblématiqueL’homophobie : Un rapport et une étudeAu début de mars, Marc-André Dowd, vice-président de la Commission des droits de la personne et des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, a rendu public un rapport intitulé De l'égalité juridique à l'égalité sociale . Monsieur Dowd a présidé les travaux tout au long de la recherche .

Comme le titre du rapport le résume assez bien, on y parle des victoires juridiques et des droits que les homosexualités ont gagnés au cours des dernières décennies. Cependant, on y fait la remarque qu’il y a encore du chemin à faire pour ce qui est de l’acceptation de l’homosexualité dans la société et pour combattre la discrimination. En résumé, ce n’est pas parce que les lois ont réhabilité les homosexuels que la population va faire de même.

La commission réclame une politique nationale de lutte contre l’homophobie . Cette lutte commencerait entre autres dans nos écoles. Simplement, parce que les élèves d’aujourd’hui seront les citoyens de demain. Pourtant, même auprès du personnel scolaire, il semble qu’il y ait beaucoup de chemin à faire. Ainsi, nul besoin de rappeler que les adolescents ont besoin de personnes auxquelles ils peuvent s’identifier. Des exemples de professeurs d’orientation homosexuelle épanouie et étant pleinement acceptés dans leur milieu de travail seraient les bienvenus.

Or, il semble en être tout autrement. Non seulement, les employés gais et lesbiennes préfèrent taire leur orientation sexuelle à leur supérieur, mais Michel Dorais nous relève un cas où un professeur a vraisemblablement vu son contrat ne pas se renouveler parce qu’il a essayé de sensibiliser les élèves à l’homophobie suite au suicide d’un jeune homosexuel de leur école . Serait-ce à dire que le système scolaire préfère fermer les yeux sur ce problème? Pourtant, il y a un urgent besoin de réagir, car selon une étude menée par le sociologue Michel Dorais, les jeunes homosexuels auraient un taux de suicide bien supérieur à la moyenne. Les écoles secondaires seraient donc la place idéale pour rejoindre les jeunes gais et lesbiennes avant que leur orientation ne les laisse dans un désespoir suicidaire.

L’homosexualité et le suicideSi on regarde l’étude de Émile Durkheim sur le suicide, cela permet de mieux comprendre les jeunes homosexuels qui tentent ou qui réussissent à se suicider. C’est ce que le sociologue appellerait un suicide égoïste. En effet, les jeunes homosexuels se sentent trop souvent exclus de la société. Le suicide de l’un d’eux se situerait donc à la gauche de l’axe de l’intégration sociale et n’a rien à voir avec l’absence ou la présence de règles.

Les 4 types de suicidesL’homophobie en politiqueDepuis quelques mois et en cette période d’élection, on parlait beaucoup des différences. On a eu droit aux différences religieuses qui ont amené les débats sur les accommodements raisonnables. Par la suite, on a vu apparaître des propos discriminatoires, remplis d’intolérances sur l’homosexualité du chef du parti québécois et de quelques candidats péquistes. À partir de là , on peut se demander si les Québécois sont homophobes. Est-ce que les Québécois vont laisser leur choix être influencé par l’orientation sexuelle des candidats?Le lundi, 26 février dernier, on a eu droit à des propos scandaleux de la part de Louis Champagne, un animateur de CHRS, une station de radio de Jonquière. Celui-ci a affirmé que les travailleurs d’usine ne voteraient jamais pour une « tapette » . Il est allé jusqu’à dire que le parti Québécois était rendu « un club de tapette ».

Effectivement, le candidat de Jonquière, Sylvain Gaudreault a reconnu publiquement son homosexualité récemment. Pourtant, suite aux commentaires des auditeurs, on a pu constater un tollé de protestations qui ont mené au retrait des ondes temporaires de l’animateur. Ce qui est déjà là une agréable surprise de voir les Saguenéens montrer leur mécontentement face aux propos de Champagne. Monsieur Gaudreault a même été élu dans sa circonscription. Il en va de même pour Agnès Maltais, députée péquiste de Taschereau, qui est aussi sortie du placard depuis quelques années et qui a été élue pour la troisième fois. Ce qui fait dire au sociologue Michel Dorais que l’homophobie n’a pas nui à la campagne électorale du Parti Québécois, mais aurait plutôt attiré la faveur des électeurs .

Pourtant, si on remonte à l’affaire Jeff Fillion dans la région de Québec, des milliers des personnes avaient défendu le droit à l’injure de l’animateur controversé . Certaines personnes réclament donc le droit à l’animateur Louis Champagne de tenir des propos homophobes. De plus, l’animateur souligne que ses propos reflètent la pensée d’une partie de la population québécoise.

Ce qui nous permet de faire le parallèle avec l’affaire Faurisson. Il s’agit de l’auteur, Robert Faurisson, qui a écrit un livre défendant la thèse que les chambres à gaz et le génocide des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale n’était qu’un mensonge. Ce qui fit scandale. Comment peut-on douter des souffrances des survivants de l’Holocauste qui ont tout perdu durant cette guerre y compris leur famille. Il y eut aussi indignation du fait que Noam Chomsky fit la préface de ce livre. Pourtant, Chomsky, qui était loin de défendre cette thèse, ne voulait que se porter à la défense du droit d’expression. Quelque soit les idées exprimées. Donc, ceci voudrait aussi pour l’animateur Louis Champagne et ses propos homophobes diront certains .

Pour ce qui est de André Boisclair, Michel Dorais pense que son homosexualité a été un obstacle que pour une petite minorité des électeurs. Il croit plutôt que le problème dans la froideur du chef, mais aussi dans l’absence de famille et de proches autour de lui. En effet, tout au long de la campagne, on a vu Mario Dumont et Jean Charest entourés de leurs enfants et de leur épouse . La famille étant un enjeu de la campagne électorale, la candidate péquiste, défaite dans la circonscription de Groulx, Rachel Gagnon qui attribue sa défaite à l’homosexualité de son chef, demande comment Monsieur Boisclair peut-il parler de famille . Ce qui réfère aussi au tabou de voir des homosexuels élever des enfants. En effet, bien des gens considèrent que des parents de mêmes sexes nuiraient à l’éducation et à l’équilibre de l’enfant, comme si cela allait lui donner un mauvais exemple et le rendre lui-même homosexuel.

Laurent McCutcheon, président de Gai-Écoute, nous rappelle l’importance de porter son choix sur le candidat que l’on considère le meilleur et non en fonction de leur orientation sexuelle . Il a d’ailleurs choisi de rester neutre durant la campagne électorale et de ne pas favoriser un parti plutôt qu’un autre. Il considère que le sujet serait probablement resté clos si Monsieur Champagne n’avait pas lancé le sujet.

Malgré tout, Patrice Corriveau, un professeur en criminologie à l’université d’Ottawa, la situation est pire pour les homosexuels que pour les femmes, les personnes de race noire ou les juifs . En effet, il considère que les gens de ces groupes sortiraient dans la rue assez rapidement pour défendre l’un d’eux s’il était victime de discrimination contrairement à la communauté gaie et lesbienne qui se fait plutôt discrète, voir silencieuse.

Heureusement, on peut constater bon nombre de personnalités publiques qui sont sorties de l'ombre, pas seulement en politique, mais aussi chez les journalistes, les animateurs. On peut penser à Michel Jasmin, Claude Charron et à Daniel Pinard. Sans oublier Danny Turcotte qu’on a l’occasion de voir chaque semaine à tout le monde en parle. Aussi, on peut se souvenir de l’émission gaie qui fut diffusée durant plusieurs années au canal Vie. Cette émission était animée par André Montmorency, lui-même homosexuel. On peut donc dire qu’il y a un effort du côté des médias québécois, pour laisser une place et ne pas censurer la communauté gaie.

L’homophobie aux États-UnisÀ l’inverse, on assiste à deux phénomènes plutôt inquiétants. Le premier semble heureusement être un phénomène local. Il s’agit de commandos mystérieux qui agressent et même tuent des homosexuels dans la région de Portland. Ceci résulterait de la grande influence d’une organisation politico-religieuse soit l’Oregon Citizen Alliance qui souhaite nettoyer l’état de l’homosexualité. On note aussi que 53 % des Américains considèrent que l’homosexualité est un mode de vie alternatif non acceptable.

Le deuxième phénomène américain est la disparition graduelle de leurs quartiers homosexuels . En effet, de nouveaux propriétaires achètent de plus en plus les bâtiments consacrés à la communauté gaie et lesbienne pour les reconvertir peu à peu en appartements destinés aux familles. On y constate aussi des hausses de loyer qui auraient pour but de changer la clientèle de ces quartiers.

Personne ne sait encore si ce phénomène va se propager jusqu’aux quartiers homosexuels du Canada. À première vue, la disparition des quartiers homosexuels américains peut sembler être comme un retour en arrière. La communauté gaie peut se sentir menacée. Toutefois, dans bien des associations universitaires pour gays et lesbiennes du Québec, on encourage leurs membres à ne pas aller s’enfermer dans ce quartier. En effet, les homosexuels ne méritent pas de vivre dans un enclos. L’amélioration de l’acceptation de ceux-ci passerait davantage par leur intégration dans toutes les couches de la société et dans toutes les régions. La communauté gaie n’a pas à se contenter de la ville. Les gays et lesbiennes doivent aussi faire leur place dans les petits villages.

ConclusionLa force de cette recherche se trouve dans le fait que nous avions un grand éventail de choix pour trouver nos articles puisque le sujet était d’actualité autant dans la politique québécoise que française.

La faiblesse de notre recherche c’est que la majorité de nos articles choisis proviennent tous des mêmes quotidiens, soit La Presse et Le Devoir.

Par contre, c’est deux quotidiens ayant des allégeances politiques allant à l’opposé, se donnent droit à une bonne variabilité dans les opinions et dans l’argumentation. De plus, on a pu faire le tour de la question en s’informant auprès de plusieurs professionnels différents, que ce soit des journalistes ou des sociologues en passant par un criminologue et les représentants de différentes associassions de gays et lesbiennes.

Cependant, une autre de nos faiblesses se retrouve dans la partie de l’analyse médiatique. Il nous a alors été difficile de rendre la recherche intéressante et de nous défaire de nos redondances.

Finalement, bien que l’homophobie semble encore présente au Québec dans des proportions moindres, l’intégration légale des homosexuels et l’acceptation dans la société gagnent lentement en popularité. Malgré que l’acquisition de nouveaux droits pour les personnes homosexuelles ne se fasse pas au même rythme que leur intégration dans le reste de la population.

Ce qui ne veut pas dire pour autant de laisser pour autant tout programme contre homophobie. Au contraire, cela ne fera qu’accélérer le processus d’intégration des homosexuels dans sa communauté. De plus, comme le faisait remarquer le sociologue Michel Dorais, si son étude sur les jeunes homosexuels lui permettait ne serait-ce que de sauver une personne gaie du suicide, son objectif serait atteint. La mise en application de nouveaux programmes sera toujours les bienvenusEn ce qui a trait à l’analyse de la couverture des dernières élections provinciales, on peut sentir davantage un parti pris pour le quotidien La Presse que celui du Devoir qui restera un peu plus neutre. On a l’impression que pour La Presse tout reste un prétexte à descendre André Boisclair, le chef du Parti Québécois même si cela doit passer par le bombardement de la vie privée, pour ainsi tenter d’influencer bon nombre d’indécis.

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