Le Revêtement Cutané

Essay by PaperNerd ContributorUniversity, Bachelor's August 2001

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La peau est constituée de trois régions principales : l'épiderme, le derme et l'hypoderme. Elle a de nombreuses fonctions qui sont attribuées à ses différentes caractéristiques (imperméabilité, élasticité "¦) : · Maintien de la température corporelle : La peau est un des organes principaux permettant la thermorégulation. Ainsi, en réaction à une augmentation de la température interne détectée par les récepteurs thermosensibles, les glandes sudoripares permettent l'évacuation de sueur, qui, en s'évaporant, aide à ramener la température corporelle à la normale. A l'inverse, la peau peut produire un minimum de transpiration pour conserver la chaleur. En parallèle à la production de sueur, les modifications de débit sanguin cutané et la vasodilatation plus ou moins importante contribuent aussi à la régularisation de la température corporelle.

· Protection : La peau représente une triple barrière entre l'organisme et l'environnement.

Barrière chimique : Le film de liquide acide que forment les sécrétions de la peau et les substances bactéricides du sébum permettent de retarder la croissance bactérienne.

D'autre part, la mélanine représente un bouclier de pigments chimiques empêchant les rayons U.V. d'endommager les cellules viables de la peau.

Barrière mécanique : Du fait de sa continuité et de la présence de kératine, l'épiderme protège contre l'abrasion et empêche la pénétration de substances et de bactéries, tout en étant suffisamment fin pour assurer la souplesse de la peau. Il contient des glycolipides imperméabilisants qui bloquent la diffusion d'eau et de substances hydrosolubles entre les cellules, ce qui empêche l'entrée et la sortie d'eau à travers la peau.

Barrière biologique : Les macro phagocytes intra épidermiques et du derme ont pour rôle de livrer les antigènes aux lymphocytes. Ceci permet l'activation de la réaction immunitaire.

· Perception : La peau contient de très nombreuses terminaisons nerveuses et récepteurs, ce qui lui confère une fonction prédominante dans la détection de stimuli comme le toucher, la pression, la douleur, la température extérieure "¦ · Excrétion : Par le biais de la sueur, la peau peut être considérée comme un organe excréteur de petites quantités de sel et de divers composés organiques (urée, dérivés azotés"¦).

· Immunité : Certaines cellules de l'épiderme jouent un rôle important au niveau du système immunitaire qui défend l'organisme contre les corps étrangers.

· Réservoir sanguin : Le derme contient un réseau important de vaisseaux sanguins (8 à 10% du sang en circulation chez un adulte au repos), ceci pouvant servir d'apport sanguin aux muscles par vasoconstriction au moment d'un effort.

· Métabolisme : La synthèse de la vitamine D s'effectue à partir d'un précurseur présent dans la peau durant une exposition aux UV. Puis, les enzymes du foie et du rein transforment la molécule en calcitriol (forme la plus active) qui va stimuler l'absorption du calcium à partir des aliments. La peau est donc un organe endocrinien.

· D'autre part, les enzymes des kératinocytes permettent de réaliser des conversions chimiques complémentaires à celles du foie : transformation d'agents cancérigènes en substances inoffensives, activation d'hormones stéroïdes, synthèse de protéines"¦ Les brûlures sont des atteintes traumatiques aiguës fréquentes. Leur cicatrisation est fortement dépendante d'un certain nombre de facteurs tel que la surface touchée, la profondeur, l'âge du patient"¦ Elles peuvent être occasionnées par une chaleur intense mais aussi par un courant électrique ou un rayon ionisant et également suite à l'utilisation d'un produit chimique.

Il existe différents types de brûlures, classés selon leur degré de profondeur.

- 1er degré : La peau garde sa circulation superficielle et son pouls capillaire. La brûlure concerne une partie de l'épiderme et n'atteint pas la membrane basale. Elle se manifeste par un érythème accompagné ou non d'un œdème dermique. Ces lésions guérissent la plupart du temps sans séquelle cicatricielle mais peuvent poser le problème d'une déshydratation cutanée quand elles sont très étendues.

- 2ème degré : Il correspond à une atteinte partielle du derme et se cicatrise par l'apparition de phlyctènes (cloques). La guérison peut se faire rapidement s'il n'y a pas d'infection. La peau a encore une certaine sensibilité.

- 3ème degré : Il s'agit d'une destruction totale de l'épiderme, du derme et de l'hypoderme. La totalité des récepteurs nerveux étant détruits, ces lésions sont indolores. Le réseau vasculaire est détruit lui aussi. La guérison naturelle ne peut pas se faire, il faut donc avoir recours à une greffe de peau dans un court délai pour éviter toute infection grave due au fait que les cellules de Langerhans ont été détruites et ne peuvent donc plus assurer leur rôle de barrière immunitaire.

Avant de mettre en place un substitut de peau, il faut exciser les escarres (la peau brûlée) et prévenir l'infection et la perte de liquides. On enduit pour cela la région d'antibiotiques et on le recouvre d'une membrane synthétique, d'une peau d'animal ou de cadavre, ou d'un bandage vivant. On peut alors appliquer une peau synthétique constituée d'un « épiderme » en matière plastique et d'un « derme » spongieux formé de collagène et de cartilage broyé. Le derme artificiel est progressivement envahi par de nouveaux vaisseaux sanguins et les fibroblastes produisent du collagène qui remplace alors celui du derme synthétique.

On réalise en parallèle une culture d'épiderme : · on prélève de minuscules morceaux de tissu épithélial dans les zones non brûlées du patient · on met en place les kératinocytes prélevés dans un milieu de culture à base de fibroblastes de souris irradiés · ces fibroblastes sécrètent des facteurs de croissance qui permettent la multiplication des kératinocytes · au 10ème jour, on obtient des colonies primaires · ces colonies primaires sont à nouveau mises en culture dans de nouvelles boites de Pétri et on obtient en trois semaines un multiplication par 10000 (avec 1 cm2 de peau prélevée on aura 1 m2 d'épiderme de culture disponible pour la greffe).

Au bout de deux à trois mois, le derme artificiel a disparu et a laissé place au nouveau derme forme in situ . On peut alors y greffer l'épiderme formé par culture in vitro, ce qui permettra une nouvelle croissance épidermique c'est à dire formation d'un épiderme neuf.

Il faut souligner encore deux notions importantes : · La jonction entre l'épiderme de culture et le néoderme sous-jacent est fragile et n'est que progressive. En effet les soudures ne deviennent efficaces qu'après le premier semestre qui suit la greffe.

· Les fibres élastiques du néoderme ne sont pas synthétisées avant deux ans.

Au final, la peau ne devient solide qu'à partir de six mois et élastique qu'à partir de deux ans après la greffe.